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ToggleCe mardi 22 septembre 2026, une trentaine d’étudiants en médecine et maïeutique de l’Université catholique de Lille ont assisté à une pièce de théâtre sur les violences sexistes et sexuelles. Une première pour la faculté, qui veut apprendre à ses futurs soignants à repérer ces violences et à réagir, chez leurs patients comme dans leur propre vie.
En bref
- Une pièce jouée par la compagnie La Belle Histoire, inspirée de témoignages réels d’étudiants en santé, a ouvert la semaine de sensibilisation aux VHSS.
- Elle met en scène emprise amoureuse, harcèlement en stage et violences conjugales repérées lors d’un stage en gynécologie.
- Un débat animé par une sage-femme référente violences conjugales a suivi, avec rappel des numéros utiles : 3919, 119, Planning familial.
Le chiffre clé : 30, étudiants en médecine et maïeutique inscrits à cette première séance.
Une pièce écrite à partir de témoignages d’étudiants en santé
Tout commence dans l’amphithéâtre Langeron de l’Université catholique de Lille. Trois comédiens de la compagnie La Belle Histoire, Romane, Samira et Peter, incarnent des étudiants en santé au Cartel, un bar prisé de la faculté. La scène n’a rien d’improvisé : elle a été écrite spécialement pour ce public, à partir d’anecdotes et de témoignages réels d’étudiants en études de santé.
Cette représentation ouvre la première semaine de sensibilisation aux VHSS, les violences et harcèlements sexistes et sexuels, organisée par la faculté de médecine, maïeutique, sciences de la santé (FMMS). Une trentaine d’étudiants s’y sont inscrits. L’objectif est double : leur apprendre à identifier ces violences chez leurs futurs patients, et savoir réagir s’ils y sont eux-mêmes confrontés.
Trois situations pour apprendre à repérer l’emprise
Sur scène, plusieurs situations s’enchaînent. Karine subit une relation de couple toxique : son copain la harcèle au téléphone, juge ses tenues, la rabaisse. Lors de son stage en gynécologie, elle est aussi témoin de violences conjugales subies par une patiente enceinte. Amélia, de son côté, est harcelée par sa tutrice de stage, au point d’en pleurer chez elle le soir.
| Personnage | Situation vécue ou observée |
|---|---|
| Karine | Relation de couple toxique, emprise, surveillance |
| Karine (en stage) | Violences conjugales sur une patiente enceinte en gynécologie |
| Amélia | Harcèlement par sa tutrice de stage |
Après la pièce, un débat est animé par Marie Passard, de la compagnie de théâtre, et Stéphanie Gilbert, sage-femme coordinatrice et référente violences conjugales et addictions en périnatalité, présidente du RéViff, le Réseau Violences intrafamiliales des Flandres. Elles interrogent la salle sur les signes de violence repérés dans la relation de Karine. Une étudiante répond que Karine « cache en partie sa relation à ses amis », une autre relève que « si elle ne décroche pas tout de suite, ça va mal se passer ».
« Vous avez nommé l’emprise. »
C’est ainsi que Stéphanie Gilbert réagit à ces réponses, avant d’expliquer le principe du contrôle coercitif, qui vise à limiter la liberté de la victime.
Le repérage systématique, un réflexe à installer dès la formation
La docteure Orphyre Fostier, à l’origine de cette semaine de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, insiste sur le rôle des futurs professionnels de santé face à un patient suspecté d’être victime de sévices. « On ne doit pas se limiter à constater un bleu, on doit aller chercher ce qu’il y a à côté, poser des questions », précise-t-elle. Elle appelle cette démarche le repérage systématique, et rappelle l’importance de tout consigner dans le dossier médical.
« Nos écrits professionnels sont essentiels », confirme Stéphanie Gilbert. Pour la docteure Fostier, l’enjeu dépasse largement la formation : « Plus tard, ils vont tous finir par recevoir des victimes de violences dans leur cabinet ou dans leur exercice professionnel. »
Des ressources concrètes pour les étudiants eux-mêmes
La soirée sert aussi à outiller les étudiants pour leur propre parcours, notamment en stage. « Si on sent quelque chose en stage, c’est qu’il se passe quelque chose et on doit en parler ! À nos tuteurs, à la fac. Il faut libérer la parole », insiste la docteure Fostier. Les étudiants repartent avec une liste de ressources concrètes.
- Le 3919, numéro national pour les violences faites aux femmes
- Le 119, numéro dédié à l’enfance en danger
- Le Planning familial
- Les structures spécialisées et les dispositifs internes de l’université
À la sortie, Auriane, 25 ans, étudiante sage-femme, salue cette initiative : « C’est cool que ça ait été préparé pour nous. » Elle insiste sur l’importance de ce sujet dans son futur métier : « On met nos mains dans les vagins toute la journée. Ce n’est pas autorisé de ne pas se poser la question des violences ! »
Vos questions
Qui a organisé cette semaine de sensibilisation à l’Université catholique de Lille ?
C’est la faculté de médecine, maïeutique, sciences de la santé (FMMS), à l’initiative de la docteure Orphyre Fostier. La pièce de théâtre du 22 septembre 2026 en a marqué l’ouverture, devant une trentaine d’étudiants inscrits.
Que raconte la pièce jouée devant les étudiants ?
Trois comédiens de la compagnie La Belle Histoire mettent en scène des situations tirées de témoignages réels d’étudiants en santé : emprise dans un couple, harcèlement par une tutrice de stage, et violences conjugales repérées lors d’un stage en gynécologie.
Quelles ressources sont proposées aux étudiants confrontés à une violence ?
Les étudiants sont invités à en parler à leurs tuteurs ou à la faculté, et disposent de numéros comme le 3919 et le 119, ainsi que du Planning familial et des structures spécialisées et dispositifs de l’université.
Sources : L’Etudiant.