« Renforcer le décrochage français à l’international » : le président de l’EHESS alerte sur les frais pour étrangers

Doctorants adultes de dos travaillant dans une salle de lecture de bibliothèque universitaire parisienne, sous une verrière, piles de livres et papiers

Vous êtes étudiant étranger, ou parent d’un futur étudiant venu de l’extérieur de l’Union européenne ? La loi « Bienvenue en France » impose des frais d’inscription plus élevés. Le président de l’EHESS, Romain Huret, redoute des laboratoires appauvris et un problème financier des universités qui resterait entier. Pour cette rentrée, son école exonère tous ses étudiants étrangers.

En bref

  • Le président de l’EHESS alerte sur la hausse des frais d’inscription des étrangers, prévue par la loi « Bienvenue en France ».
  • À l’EHESS, la moitié des étudiants de master et de doctorat sont étrangers. Tous seront exonérés pour la rentrée 2026-2027.
  • Il craint des laboratoires appauvris et une mesure qui ne règle pas le problème financier des universités.

Le chiffre clé : La moitié des étudiants de master et de doctorat de l’EHESS sont étrangers.

Publicité

Trois craintes de Romain Huret sur les frais d’inscription

Vendredi 2 octobre, Romain Huret a pris la parole auprès de l’AFP. Le président de l’EHESS vise un volet précis de la loi « Bienvenue en France » : des frais d’inscription plus élevés pour les étrangers extracommunautaires dans l’enseignement supérieur. Une partie des étudiants réclame l’abrogation de cette mesure.

« En France, je crains qu’on appauvrisse nos laboratoires, que ça n’arrive pas à résoudre non plus le problème financier des universités et que cette mesure ne fasse que renforcer le décrochage français à l’international »

Romain Huret, président de l’EHESS, auprès de l’AFP

Dans cette seule phrase, il range trois risques. Ils concernent d’abord la recherche, mais ils touchent aussi les étudiants étrangers qui envisagent la France.

  • Des laboratoires appauvris, qui perdraient une partie de leurs étudiants étrangers.
  • Un problème financier des universités que la mesure ne résoudrait pas.
  • Un décrochage français à l’international en matière de recherche, qui s’aggraverait.

Vous cherchez le montant de la hausse ? Romain Huret n’en donne aucun dans cette intervention. Son propos porte sur les effets de la mesure, pas sur son tarif.

À l’EHESS, la moitié des étudiants de master et de doctorat viennent de l’étranger

L’EHESS montre bien ce qui se joue. Dans cet établissement, la moitié des étudiants, en master et en doctorat, sont étrangers. Il y a des Européens et des étudiants extracommunautaires, ceux que la loi vise directement avec ses frais plus élevés.

Pour Romain Huret, cet apport pèse lourd dans la vie des laboratoires. Il le dit sans détour : « Envisager les laboratoires sans cet apport massif d’étudiants étrangers, c’est une perte considérable ». Et il ajoute : « je pense que ça peut mettre la France vraiment en difficulté ».

Son raisonnement tient en peu de mots. Si les étudiants étrangers viennent moins nombreux, les laboratoires s’appauvrissent, et la France perd du terrain en matière de recherche. Il ne croit pas non plus que cette mesure règle les difficultés financières des universités.

Si vous êtes étudiant étranger, retenez ceci : le débat porte sur ce que vous paierez pour vous inscrire, mais il porte aussi sur l’avenir des laboratoires qui vous accueillent.

Publicité

Pour 2026-2027, l’EHESS exonère tous ses étudiants étrangers

C’est la nuance qui compte pour votre budget. Selon Romain Huret, « le mécanisme permet d’exonérer tous nos étudiants étrangers pour cette rentrée ». À l’EHESS, aucun étudiant étranger n’est donc concerné par la hausse cette année.

Pour la suite, rien n’est tranché. Le président de l’EHESS le reconnaît : « l’an prochain nous verrons comment appliquer la loi ». L’exonération vaut pour cette rentrée, et la question reste ouverte pour la prochaine.

Sujet Ce que dit le président de l’EHESS
Loi « Bienvenue en France » Frais d’inscription plus élevés pour les étrangers extracommunautaires
Part d’étrangers à l’EHESS La moitié des étudiants de master et de doctorat
Rentrée 2026-2027 Tous les étudiants étrangers de l’école sont exonérés
Année suivante « Nous verrons comment appliquer la loi »

Attention : cette exonération est celle de l’EHESS. Rien dans ses déclarations n’indique que d’autres établissements fassent de même. Si vous visez une autre université, demandez-lui directement ce qu’elle prévoit pour les étudiants extracommunautaires.

La contestation touche les universités et gagne les lycées

Ces propos arrivent dans un climat tendu. Des étudiants se sont mobilisés dans les universités ces derniers jours. Ils protestent, entre autres, contre la loi « Bienvenue en France » et ses frais plus élevés pour les étrangers extracommunautaires. Une partie d’entre eux demande l’abrogation de la mesure.

Le mouvement ne se limite pas à l’enseignement supérieur : le mouvement lycéen s’étend depuis une dizaine de jours. Romain Huret y voit une raison de plus de s’appuyer sur les sciences sociales. Elles permettent, selon lui, « d’éclairer toutes les tensions, toutes les difficultés de la société française », notamment celles de la jeunesse.

Le président de l’EHESS réclame plus de budget pour la recherche

Romain Huret plaide pour que « les budgets augmentent en France et ailleurs » dans la recherche, « parce que c’est toute la population qui en tirera de très grands bénéfices ». Il déplore que les sciences sociales soient « dévalorisées ».

Il avance un argument concret : « de plus en plus » d’entreprises demandent des formations continues à l’EHESS. Elles les veulent pour « la gestion de leur entreprise autour des pratiques des nouvelles générations » au travail.

Face aux attaques contre les sciences sociales, notamment pendant la polémique sur l’islamo-gauchisme, il défend les protocoles scientifiques. « Il faut revenir aux fondamentaux de la science. Les controverses font partie de la vie scientifique. Elles doivent avoir lieu », insiste-t-il. Il s’exprimait à la veille d’un grand forum organisé à Paris pour la fête de la science.

Vos questions

Les frais d’inscription augmentent-ils pour tous les étudiants étrangers ?

La loi « Bienvenue en France » impose des frais plus élevés aux étrangers extracommunautaires dans l’enseignement supérieur. À l’EHESS, tous les étudiants étrangers sont exonérés pour la rentrée 2026-2027. Cette exonération concerne cette école, pas l’ensemble des établissements.

Que se passera-t-il à l’EHESS à la rentrée suivante ?

Rien n’est décidé. Romain Huret indique que « l’an prochain nous verrons comment appliquer la loi ». Les étudiants étrangers devront donc attendre pour savoir ce qui s’appliquera.

Pourquoi le président de l’EHESS s’inquiète-t-il pour les universités ?

Il craint que la mesure appauvrisse les laboratoires, qui comptent beaucoup sur les étudiants étrangers. Il doute aussi qu’elle résolve le problème financier des universités. Selon lui, elle risque de renforcer le décrochage français à l’international en matière de recherche.

Sources : Europe 1.

Publicité

Besoin de soutien scolaire ? Recevez des contacts à proximité !

Les articles récents

Le lycée Bourdelle désigne le lycée polyvalent Antoine-Bourdelle, situé à Montauban. Il propose des parcours généraux, technologiques, professionnels et supérieurs...
Le lycée polyvalent Rosa Parks de La Roche-sur-Yon est un établissement public réunissant des parcours général, technologique, professionnel et post-bac....
Retour en haut