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ToggleChez les sapeurs-pompiers français, les grades se répartissent en trois familles proches de celles de l’armée de terre : les hommes du rang (sapeur, caporal, caporal-chef), les sous-officiers (sergent, adjudant) et les officiers (lieutenant, capitaine, commandant, lieutenant-colonel, colonel, puis colonel hors classe et contrôleur général chez les professionnels). Le grade de base est celui de sapeur, qui n’exerce aucun commandement ; chez les volontaires, le premier grade est sapeur de 2e classe. Les pompiers de Paris, qui sont des militaires, suivent la hiérarchie de l’armée de terre, jusqu’au grade de général de division.
La hiérarchie des sapeurs-pompiers en un tableau
Le tableau suivant classe les grades des sapeurs-pompiers civils (professionnels et volontaires), du moins élevé au plus élevé, avec leur catégorie dans la fonction publique territoriale et leur niveau de commandement habituel.
| Grade | Famille et catégorie | Commandement habituel |
|---|---|---|
| Sapeur (sapeur de 2e puis de 1re classe chez les volontaires) | Homme du rang, catégorie C | Aucun commandement |
| Caporal | Homme du rang, catégorie C | Équipe de deux pompiers |
| Caporal-chef | Homme du rang, catégorie C | Équipe de deux pompiers |
| Sergent, puis appellation sergent-chef | Sous-officier, catégorie C | Véhicule doté d’une équipe |
| Adjudant, puis appellation adjudant-chef | Sous-officier, catégorie C | Centre d’incendie et de secours (CIS), groupe, véhicule doté de deux équipes |
| Lieutenant (2e classe, 1re classe et hors classe chez les professionnels) | Officier, catégorie B | Groupe, salle opérationnelle, CIS, adjoint au chef de centre de secours principal (CSP) |
| Capitaine | Officier, catégorie A | Bureau, service, CIS, adjoint au chef de groupement |
| Commandant | Officier, catégorie A | Groupement, CSP |
| Lieutenant-colonel | Officier, catégorie A | Sous-direction de service départemental d’incendie et de secours (SDIS) |
| Colonel | Officier, catégorie A+ | Corps départemental (chef ou adjoint) |
| Colonel hors classe (professionnels) | Officier, catégorie A+ | Corps départemental (chef ou adjoint) |
| Contrôleur général (professionnels) | Officier, catégorie A+ | Corps départemental |
| Inspecteur général (appellation, professionnels) | Officier, catégorie A+ | État-major de zone, direction de l’ENSOSP |
Au-dessus, les postes de direction de la direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), au ministère de l’Intérieur, sont tenus par des administrateurs de l’État et ne font pas vraiment partie de cette hiérarchie.
Le grade de base chez les pompiers : sapeur
Le premier échelon de la hiérarchie est celui de sapeur. Le sapeur est un équipier : il n’exerce aucun commandement et intervient au sein d’une équipe dont le chef est en général un caporal ou un caporal-chef. L’intitulé exact dépend du statut :
- Pompier professionnel : le décret du 9 février 2017 a supprimé les grades de sapeur de 2e classe et de sapeur de 1re classe. Les sapeurs de 2e classe ont été reclassés sapeurs, ceux de 1re classe caporaux. Le grade d’entrée s’appelle donc simplement « sapeur ».
- Pompier volontaire : les grades de sapeur de 2e classe et de sapeur de 1re classe existent toujours, alors que celui de sapeur n’existe pas. Le premier grade est donc sapeur de 2e classe.
- Pompier de Paris (BSPP) : le premier grade est sapeur de 2e classe, appelé « sapeur », suivi de sapeur de 1re classe, appelé « première classe ».
Chez les professionnels, le recrutement au grade de sapeur se fait sans concours (article 38 de la loi du 26 janvier 1984). Il est ouvert aux candidats justifiant d’au moins trois ans d’activité comme sapeur-pompier volontaire, jeune sapeur-pompier ou militaire de la BSPP, notamment, et ayant validé toutes les unités de valeur de la formation initiale. L’autre porte d’entrée est le concours de caporal, qui permet de commencer un cran plus haut.
Avant même ce premier grade, les jeunes sapeurs-pompiers (JSP) portent un insigne par année de formation, de JSP1 (1re année) à JSP4 (4e année). Les volontaires en service civique figurent aussi dans la liste des grades, sans commandement.
Sapeurs, caporaux et caporaux-chefs : les hommes du rang
Depuis la réforme de la filière des sapeurs-pompiers professionnels de 2012, sapeurs, caporaux et caporaux-chefs forment un cadre d’emplois de catégorie C, rémunéré selon les échelles C1 à C3.
- Caporal : il participe aux missions comme chef d’équipe, après les formations fixées par arrêté du ministre de l’Intérieur, et peut aussi être équipier. On y accède par concours externe ou interne, dont un concours externe réservé aux volontaires justifiant de trois ans d’activité.
- Caporal-chef : chef d’équipe lui aussi, il a vocation à participer aux interventions qui demandent un niveau d’expertise supérieur. Chez les professionnels, la promotion se fait au choix : il faut justifier, au 1er janvier de l’année du tableau d’avancement, d’un an d’ancienneté dans le 4e échelon et d’au moins cinq ans de services effectifs comme caporal.
Chez les volontaires, caporal-chef n’est pas un grade mais une appellation, accordée en fonction de l’ancienneté dans le grade de caporal.
Sergent et adjudant : les sous-officiers
Les sous-officiers sont des fonctionnaires territoriaux de catégorie C (agents de maîtrise). Leur cadre d’emplois compte deux grades, sergent et adjudant, accessibles uniquement en interne : on ne devient pas sous-officier par recrutement direct.
- Sergent : chef d’agrès d’un engin comportant une équipe, une fois les formations requises validées. Il peut aussi être chef d’équipe ou équipier. Après au moins trois ans d’ancienneté dans son grade, il reçoit l’appellation de sergent-chef ; on l’appelle alors « chef ».
- Adjudant : chef d’agrès tout engin, il peut commander un véhicule doté de deux équipes, un groupe ou un CIS. Le grade s’obtient par avancement. Après au moins trois ans dans le grade, l’adjudant reçoit l’appellation d’adjudant-chef.
Sergent-chef et adjudant-chef sont donc des appellations liées à l’ancienneté, et non des grades distincts. Les volontaires ont accès à ces grades et appellations. Pour situer les responsabilités, un groupe réunit 2 à 4 équipes, sans compter le soutien.
Les officiers, du lieutenant au contrôleur général
Les officiers sapeurs-pompiers professionnels se répartissent en trois cadres d’emplois. Le concours d’officier est organisé par le ministère de l’Intérieur, en externe et en interne, et un examen professionnel permet aussi d’accéder au grade.
Lieutenant
Les lieutenants sont des fonctionnaires de catégorie B, recrutés au niveau bac+2 ou en interne. Chez les professionnels, le cadre d’emplois compte trois grades : lieutenant de 2e classe (accessible seulement en interne), lieutenant de 1re classe et lieutenant hors classe. Les volontaires n’ont qu’un grade, lieutenant. Le grade de major, lui, n’existe plus depuis le 1er mai 2012.
Capitaine, commandant et lieutenant-colonel
Ce cadre d’emplois de catégorie A regroupe trois grades, accessibles au niveau bac+3 ou en interne, après examens et formations. En opération, un capitaine ou un commandant peut diriger une colonne (par exemple 4 groupes) et un lieutenant-colonel peut être chef de site. Les volontaires ont accès à ces trois grades.
Colonel, colonel hors classe et contrôleur général
Le cadre d’emplois de conception et de direction a été créé par le décret n° 2016-2002 du 30 décembre 2016. Ses officiers, de catégorie A+, sont recrutés en interne ou par examen professionnel. Il comprend trois grades : colonel, colonel hors classe et contrôleur général.
- Un colonel qui totalise au moins huit années de commandement dans au moins deux corps départementaux de catégorie B peut être nommé contrôleur général.
- Au plus 29 contrôleurs généraux peuvent exercer dans les services de l’État et ses établissements publics.
- Le galon de contrôleur général porte des « bûchers », l’équivalent des étoiles chez les militaires : 2 pour un directeur départemental de SDIS, 3 pour des responsabilités particulières auprès de l’État, 4 pour le directeur des sapeurs-pompiers, 5 pour le directeur général de la DGSCGC.
- Les inspecteurs généraux sont des contrôleurs généraux expérimentés, à qui l’on confie par exemple la direction de l’École nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers (ENSOSP).
Les volontaires peuvent devenir colonel, mais pas colonel hors classe ni contrôleur général, et l’appellation d’inspecteur général ne leur est pas ouverte.
Professionnels et volontaires : des grades presque identiques
Depuis le décret du 3 août 1925, qui a démilitarisé les sapeurs-pompiers, la France distingue professionnels et volontaires. Le professionnel exerce ce métier à titre principal, avec un salaire fixe mensuel ; le volontaire s’engage en parallèle de son métier ou de ses études et répond aux alertes de son centre d’incendie et de secours. Tous deux dépendent du SDIS de leur département et partagent l’essentiel de la hiérarchie, avec quelques différences pour les volontaires :
- ils conservent les grades de sapeur de 2e et de 1re classe ;
- caporal-chef est pour eux une appellation, pas un grade ;
- ils n’ont qu’un grade de lieutenant, contre trois chez les professionnels ;
- leur parcours s’arrête au grade de colonel ;
- le grade d’expert leur est réservé.
Devenir pompier et monter en grade
Pour devenir sapeur-pompier professionnel, il faut réussir un concours ou, pour le grade de sapeur, remplir les conditions du recrutement sans concours. Les concours de non-officiers sont organisés par les SDIS, en externe ou en version réservée aux volontaires ; ceux d’officiers relèvent du ministère de l’Intérieur. Les lauréats sont inscrits sur une liste d’aptitude nationale valable quatre ans, pendant lesquels ils doivent se faire recruter par un service d’incendie et de secours, faute de quoi il faut repasser le concours. Une fois recrutés, ils sont stagiaires pendant un an, le temps de la formation initiale, puis peuvent être titularisés.
Ensuite, la progression combine l’ancienneté (appellations de sergent-chef et d’adjudant-chef après trois ans dans le grade), l’avancement au choix (pour devenir caporal-chef) et les concours, examens professionnels et formations, indispensables pour devenir officier ou pour exercer comme chef d’équipe et chef d’agrès.
Le grade ne dit pas tout du rôle d’un pompier. Selon leurs qualifications et leur aptitude médicale, sapeurs, caporaux, sergents et adjudants peuvent exercer une spécialité : plongée, équipes cynotechniques, groupes de reconnaissance et d’intervention en milieu périlleux (GRIMP), risques chimiques et radiologiques, feux de forêt ou conduite d’engins.
Pompiers de Paris et marins-pompiers de Marseille : des grades militaires
Certains pompiers sont des militaires : ceux de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), du bataillon de marins-pompiers de Marseille (BMPM) ou encore des formations militaires de la sécurité civile. Leur hiérarchie s’insère dans celle des forces armées.
La BSPP appartient à l’armée de terre (arme du génie). Ses galons ressemblent donc à ceux de l’armée, même si ceux des militaires du rang sont assez originaux. Du bas vers le haut :
- Militaires du rang : sapeur de 2e classe (dit « sapeur »), sapeur de 1re classe (dit « première classe »), caporal, caporal-chef ;
- Sous-officiers : élève sous-officier, sergent, sergent-chef, adjudant, adjudant-chef, major ;
- Officiers subalternes : aspirant, sous-lieutenant, lieutenant, capitaine ;
- Officiers supérieurs : commandant, lieutenant-colonel, colonel ;
- Officiers généraux : général de brigade, général de division.
La BSPP a donc des grades absents de la hiérarchie civile, comme major ou général. Certains galons varient aussi avec l’ancienneté ou les qualifications. La brigade accueille également des élèves en baccalauréat professionnel et des volontaires en service civique. Au BMPM, les grades sont exactement ceux de la Marine nationale.
Galons, bandes et képis : reconnaître un grade
Chez les pompiers civils, le grade se lit aux galons portés sur l’uniforme, définis par un arrêté du 8 avril 2015 modifié. En intervention, la « bande de grade » portée sur le casque et le manteau indique la famille d’un coup d’œil :
- rouge orangé pour un homme du rang ;
- jaune pour un sous-officier ;
- blanche pour un officier.
Les membres du service de santé et de secours médical (SSSM) ont leurs propres grades, par exemple de médecin aspirant à médecin colonel chez les volontaires. Ils se reconnaissent à la couleur du képi : rouge cramoisi pour les médecins, vert bouteille pour les pharmaciens, rouge grenat pour les vétérinaires, bleu nuit pour les cadres de santé et rouge amarante pour les infirmiers.
À l’oral, on dit « mon capitaine » ou « mon colonel » à un officier, et simplement « capitaine » ou « colonel » à une femme ; un lieutenant-colonel se fait aussi appeler « mon colonel », et un sergent-chef « chef ».
Questions fréquentes
Quel est le grade de base chez les pompiers ?
C’est sapeur, le seul grade sans commandement. Chez les professionnels, l’intitulé est simplement « sapeur » depuis le décret de 2017 ; chez les volontaires et à la BSPP, le premier grade est sapeur de 2e classe.
Quels sont les grades chez les pompiers dans l’ordre ?
Sapeur, caporal, caporal-chef, sergent (puis sergent-chef), adjudant (puis adjudant-chef), lieutenant, capitaine, commandant, lieutenant-colonel, colonel, colonel hors classe et contrôleur général. Les deux derniers sont réservés aux professionnels.
Quels sont les grades d’un pompier professionnel ?
Les mêmes grades, répartis en catégories de la fonction publique territoriale : C du sapeur à l’adjudant, B pour les lieutenants, A du capitaine au lieutenant-colonel, A+ au-delà.
Quels sont les grades des pompiers de Paris ?
Ce sont des grades militaires de l’armée de terre : de sapeur de 2e classe à caporal-chef, d’élève sous-officier à major, d’aspirant à colonel, puis général de brigade et général de division.

