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ToggleUne semaine après le début du mouvement, les rectorats d’Île-de-France dressent un premier bilan. Ce vendredi 25 septembre, une grosse dizaine de lycées ont encore été bloqués, notamment en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne, et 31 personnes ont été interpellées. Voici ce qui a changé pour les établissements et les familles.
En bref
- Le rectorat de Créteil recense une grosse dizaine de lycées bloqués vendredi, surtout en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne.
- La préfecture de police a dénombré 31 interpellations vendredi dans l’agglomération parisienne, sans préciser les établissements.
- Dans l’académie de Versailles, trois lycées de l’Essonne sur 62 et cinq des Hauts-de-Seine sur 65 sont perturbés.
Le chiffre clé : 31, interpellations recensées vendredi dans l’agglomération parisienne.
Le rectorat de Créteil reconnaît une mobilisation qui prend de l’ampleur
Cinq jours après le début du mouvement, le rectorat de l’académie de Créteil a reconnu ce vendredi 25 septembre, auprès de l’AFP, que la mobilisation lycéenne était « plutôt en train de prendre de l’ampleur ». Il a recensé une grosse dizaine de lycées ayant fait l’objet, ce même jour, de nouveaux blocus, en particulier en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne.
Depuis le début de la semaine, ces mobilisations « ont pu donner lieu à des attroupements, des mouvements de foule ainsi qu’à des dégradations matérielles », précise le rectorat. Il assure qu’il ne s’agit « pas d’un mouvement politique », tout en reconnaissant « un effet d’entraînement sur les réseaux sociaux » d’un établissement à l’autre.
Le mouvement est parti du Val-de-Marne en début de semaine, selon une source académique, avec le lycée Saint-Exupéry de Créteil comme point de départ avant une extension rapide à d’autres établissements franciliens.
Versailles recense des perturbations dans une minorité de lycées
Dans l’académie de Versailles, la situation reste plus contenue que dans le Val-de-Marne ou la Seine-Saint-Denis. Le rectorat fait état de « perturbations » dans trois lycées de l’Essonne et de « mobilisations » dans cinq lycées des Hauts-de-Seine.
| Académie ou zone | Situation au vendredi 25 septembre |
|---|---|
| Créteil | Grosse dizaine de lycées bloqués, surtout Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne |
| Essonne (Versailles) | 3 lycées perturbés sur 62 |
| Hauts-de-Seine (Versailles) | 5 lycées mobilisés sur 65 |
| Agglomération parisienne | 31 interpellations recensées à 17 heures |
Le contraste entre les deux académies montre un mouvement encore concentré sur certains bassins, mais capable de gagner d’autres territoires franciliens en quelques jours à peine.
Les lycéens dénoncent des classes surchargées et un manque de personnel
« Ça a commencé au lycée Saint-Exupéry » de Créteil, a assuré Ryad Rani, président de l’Union syndicale lycéenne, qui évoque le manque d’assistants d’éducation, d’infirmières et d’assistantes sociales dans les établissements concernés.
Les emplois du temps sont trop surchargés, les toilettes sales (…) et il manque de personnel.
Maya, 17 ans, élève en terminale professionnelle au lycée Jean-Moulin, au Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Denis.
Dans le même établissement, Shaïna s’est postée dès 7 heures devant les grilles avec une foule d’élèves. Voir d’autres lycées mobilisés sur les réseaux sociaux « nous a un peu donné la force de nous lever, nous aussi », a-t-elle confié à l’AFP.
Un élève du lycée Guillaume-Budé, dans le Val-de-Marne, évoque de son côté la surcharge des classes, la chaleur, la pression de Parcoursup et des incidents entre élèves et professeurs restés sans suite.
Des blocus pacifiques mais des dérapages à Saint-Ouen et dans le Val-de-Marne
« C’était pacifique, on n’a pas fait de bêtises », a affirmé un élève du lycée Guillaume-Budé joint par l’AFP, qui décrit des pancartes, un échange avec le député LFI Louis Boyard et la Marseillaise chantée pendant le rassemblement.
Mais certaines actions ont dégénéré. Au lycée Auguste-Blanqui de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, environ 200 élèves selon les estimations de la police se sont rassemblés jeudi avant que des poubelles et des caddies ne soient jetés par-dessus les grilles et que des tirs de mortiers d’artifice soient effectués par des personnes encagoulées. Au plus fort du rassemblement, la police a compté près de 300 personnes sur place.
Dans le Val-de-Marne, les forces de l’ordre ont dû utiliser des flash-balls face à de nouveaux tirs de mortiers. Au lycée Rosa-Parks de Montgeron, dans l’Essonne, « on a entendu quelques boums dans la salle des profs, c’étaient des feux d’artifice, la police était là en préventif, en une minute c’était fini », a indiqué Sophie Vénétitay, enseignante dans l’établissement et secrétaire générale du syndicat Snes-FSU.
Le ministre de l’Éducation dénonce une instrumentalisation politique
À sept mois de l’élection présidentielle, le mouvement est relayé par plusieurs responsables politiques. Le député LFI Louis Boyard a réclamé sur X que « le mouvement lycéen doit s’étendre », estimant que « ces élèves manquent de tout (…) alors que dans les lycées de riches, il y a tout ce qu’il faut ! ».
Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a dit regretter « évidemment les violences et dégradations » tout en défendant le droit des lycéens mobilisés à « exprimer leurs revendications en toute sécurité ». Le député LFI Thomas Portes a de son côté relayé une vidéo présentée comme une interpellation d’élève à Sarcelles.
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a répliqué : « Les difficultés scolaires doivent être entendues et traitées (…) mais instrumentaliser politiquement la jeunesse et empêcher les élèves d’apprendre ne résout aucune de ces difficultés. » Il a ajouté : « On ne peut pas réclamer des professeurs et encourager les blocages qui empêchent les élèves d’aller en cours. » La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, avait elle aussi condamné « avec la plus grande fermeté » les violences, appelant à combattre « toute tentative d’instrumentalisation politique des lycéens ».
Vos questions
Combien de lycées sont concernés par le blocus en Île-de-France ?
Dans l’académie de Créteil, une grosse dizaine de lycées ont été bloqués vendredi 25 septembre, surtout en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne. Dans l’académie de Versailles, trois lycées de l’Essonne sur 62 et cinq des Hauts-de-Seine sur 65 sont concernés.
Pourquoi les lycéens se mobilisent-ils ?
Les élèves dénoncent des classes surchargées, le manque d’assistants d’éducation, d’infirmières et d’assistantes sociales, ainsi que des locaux dégradés. Certains évoquent aussi la pression de Parcoursup et des incidents avec des professeurs restés sans suite.
Que répond le ministère de l’Éducation nationale ?
Le ministre Édouard Geffray reconnaît que les difficultés scolaires doivent être entendues et traitées, mais dénonce une instrumentalisation politique de la jeunesse. Il rappelle que priver les élèves de cours ne résout pas les inégalités scolaires.
Sources : CNews, Europe 1, Le HuffPost.