450 000 manifestants selon les organisateurs, 256 000 selon l’Intérieur : ce que ça change pour les cours

Cour d'un lycée vue à travers les barreaux du portail, quelques enseignants adultes discutant au loin, pancartes en carton jetées

Votre enfant est lycéen et vous ignorez s’il aura cours demain ? Mardi 6 octobre, la mobilisation a réuni entre 256 000 et 450 000 personnes selon les camps. Mercredi, les lycées rouvrent avec une demi-journée banalisée. Une nouvelle journée d’action est annoncée jeudi 8 octobre.

En bref

  • Mardi 6 octobre, 450 000 manifestants selon les organisateurs, 256 000 selon le ministère de l’Intérieur, dont 100 000 ou 56 000 à Paris.
  • Mercredi 7 octobre, les lycées rouvrent avec une demi-journée banalisée consacrée à un temps de dialogue, parfois organisée au cas par cas.
  • Les organisations lycéennes et étudiantes appellent à un « acte 4 » jeudi 8 octobre, alors que 1 800 lycées sur 3 700 seraient à l’arrêt.

Le chiffre clé : 1 800 lycées, à l’arrêt sur 3 700 en France, selon l’Union syndicale lycéenne.

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Un écart de près du simple au double entre organisateurs et ministère

Mardi 6 octobre, l’« acte III » du mouvement lycéen a donné lieu à une bataille de chiffres. Les organisations lycéennes et étudiantes (USL, Fage, Union étudiante, Unef) comptent 450 000 manifestants dans toute la France. Le ministère de l’Intérieur en recense 256 000.

Source France entière Paris
Organisateurs 450 000 100 000
Ministère de l’Intérieur 256 000 56 000

La CGT a indiqué valider l’estimation des organisateurs. Les lycéens ont été rejoints dans la rue par des professeurs, des étudiants et des syndicalistes.

« Il y a une nouvelle amplification de la mobilisation des jeunes »

C’est ainsi que Sophie Binet, dirigeante de la CGT, a lu ces chiffres sur LCI.

Mercredi 7 octobre, une demi-journée banalisée dans les lycées

Après cette journée, les lycées rouvrent mercredi avec une demi-journée présentée par le gouvernement comme « un temps de démocratie interne ». Le ministère parle d’un temps de dialogue citoyen. Les décisions se prennent parfois au cas par cas, établissement par établissement.

Pour les familles, le plus sûr reste de consulter l’espace numérique du lycée ou de joindre la vie scolaire. L’organisation n’est pas uniforme.

Les syndicats de chefs d’établissement ne cachent pas leur agacement. Demander cette demi-journée dans un délai très court est « irrespectueux » envers les proviseurs, disent-ils, et révèle une « cacophonie ».

En Haute-Garonne, une cinquantaine d’établissements, surtout des lycées, rouvrent mercredi après une fermeture mardi. Jusqu’à vendredi, des mesures de sécurité renforcées s’appliquent dans quatorze communes. Elles incluent l’interdiction de certains équipements de protection et de produits pyrotechniques.

Jeudi 8 octobre, un « acte 4 » est déjà annoncé

Le mouvement ne s’arrête pas là. L’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante appellent à de nouveaux cortèges jeudi 8 octobre. Elles demandent aussi de poursuivre les blocages.

Sofia Tizaoui, ancienne présidente de l’USL, a prévenu sur BFMTV : « On n’est pas près de s’arrêter tant qu’on n’aura pas obtenu gain de cause. »

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Du côté du pouvoir, Emmanuel Macron réunit mardi soir à l’Élysée plusieurs ministres. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray sont attendus.

Une plateforme consultative du ministère de l’Éducation nationale recueille aussi les doléances des lycéens. Elle reste ouverte jusqu’au 23 octobre.

Des cours déjà perturbés, et une continuité pédagogique qui peine

L’Union syndicale lycéenne affirme que 1 800 lycées sont à l’arrêt, sur les 3 700 que compte le pays. La veille, lundi, les cours étaient suspendus totalement ou partiellement dans 400 à 500 établissements, où les conditions de sécurité n’étaient pas réunies.

Les cours à distance sont censés compenser. Dans l’académie de Toulouse, plusieurs lycées restent fermés face aux blocages. Le SE-Unsa 31 dénonce un dispositif qui peine à fonctionner, faute d’outils numériques et d’anticipation.

Si votre enfant est concerné, demandez au lycée quels cours sont maintenus et sous quelle forme. Vérifiez aussi qu’il dispose du matériel nécessaire pour suivre à distance.

Ce que réclament les lycéens, et un bilan sécuritaire lourd

Les lycéens exigent plus de moyens pour leurs établissements. Ils dénoncent l’insalubrité des bâtiments, les classes surchargées et les absences de professeurs non remplacées, surtout dans les quartiers populaires. Ils pointent aussi les inégalités créées par Parcoursup.

La journée de mardi a été marquée par des heurts, notamment place de la Nation à Paris. Selon le ministère de l’Intérieur, 488 personnes ont été interpellées et 43 membres des forces de l’ordre blessés. Depuis le 28 septembre, il compte 6 547 interpellations dans le cadre du mouvement.

Le ministre de l’Éducation évoque pour sa part 78 personnels de l’Éducation nationale blessés depuis le début, généralement par des personnes extérieures aux lycées. Il cite aussi 24 établissements incendiés ou saccagés.

À Narbonne, plus de 600 personnes ont défilé sans heurts. Un collégien de 14 ans a lancé un œuf sur une voiture de police et a été conduit au commissariat.

Vos questions

Mon enfant aura-t-il cours mercredi 7 octobre ?

Les lycées rouvrent mercredi avec une demi-journée banalisée, consacrée à un temps de dialogue. Les décisions sont parfois prises au cas par cas. Renseignez-vous auprès de l’établissement.

Pourquoi les chiffres de participation sont-ils si différents ?

Les organisateurs annoncent 450 000 manifestants, dont 100 000 à Paris. Le ministère de l’Intérieur en compte 256 000, dont 56 000 à Paris. Les deux camps ne comptent pas de la même façon, et la CGT valide l’estimation des organisateurs.

Que se passe-t-il jeudi 8 octobre ?

L’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante appellent à de nouveaux cortèges dans le cadre d’un « acte 4 ». Les blocages peuvent donc se poursuivre. Le lycée reste le meilleur interlocuteur pour savoir si les cours sont assurés.

Sources : L’Indépendant, La Dépêche, Le HuffPost.

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