« Je suis encore sous le choc » : Fanta, ciblée par un faux recruteur, et les signaux pour ne pas perdre d’argent

Jeune femme adulte de dos, smartphone à la main, devant un ordinateur portable dans une chambre étudiante encombrée

Vous cherchez une alternance et le téléphone sonne : un recruteur vous a repéré, il a un poste pour vous. Fanta, 26 ans, a vécu cette scène fin août. Son récit montre les signaux qui trahissent une arnaque, alors que les candidatures progressent de 15 % sur JobTeaser et que les offres reculent.

En bref

  • Fanta, 26 ans, a reçu l’appel d’un faux recruteur qui voulait sa photo, sans entretien ni question sur son parcours.
  • Des écoles publient de fausses offres d’alternance, avec des certifications parfois non reconnues par l’État, puis proposent une inscription.
  • Sur JobTeaser, les offres d’alternance baissent de 2 % au premier semestre, pour 15 % de candidatures en plus.

Le chiffre clé : près de 4 000 euros, à payer par Ilona dans trois mois si elle ne trouve pas d’employeur.

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Un faux recruteur appelle le 20 août : photo demandée, aucun entretien proposé

Fanta est en pleine recherche active quand son téléphone sonne, fin août. Au bout du fil, un homme se présente comme recruteur. Il dit tenir ses coordonnées de son ancien employeur et affirme qu’on lui a recommandé son profil. Il a, assure-t-il, un poste pour elle.

Très vite, les signaux d’alerte s’accumulent. L’homme réclame une photo. Il ne pose aucune question sur son parcours. Il ne propose pas d’entretien. Il lui vend du rêve, résume-t-elle. « Je n’étais pas très regardante », admet la jeune femme de 26 ans.

L’explication arrive ensuite. Il avait trouvé ses informations dans son CV, qu’elle avait publié à plusieurs reprises pour faire savoir qu’elle cherchait. Elle ignore toujours qui se cachait derrière l’appel. Elle mesure pourtant ce qui a failli se produire : sans les erreurs de l’appelant, elle aurait pu tomber dans le piège.

Les candidatures grimpent de 15 % pendant que les offres reculent de 2 %

Le terrain est favorable aux escrocs. D’après une étude de JobTeaser, les offres d’alternance publiées sur sa plateforme au premier semestre sont en baisse par rapport à 2025, alors que les candidatures augmentent nettement. Chacun se presse de signer avant la rentrée.

Indicateur JobTeaser, premier semestre Évolution face à 2025
Offres d’alternance publiées − 2 %
Candidatures + 15 %

Les arnaques « jouent sur le fait que beaucoup d’entre nous cherchent une alternance », pointe Maëva, qui a elle aussi failli tomber dans le panneau. Elles frappent surtout quand les candidats, pressés de trouver une entreprise, baissent la garde sur leurs critères.

Le danger dépasse le simple faux espoir. Des publications sur LinkedIn dénoncent des tentatives de vol d’argent et des récupérations de données personnelles pour usurpation d’identité. En novembre 2025 déjà, des escrocs se faisaient passer pour de vrais DRH afin de collecter des données, voire de l’argent, auprès des candidats.

Des écoles se font passer pour des entreprises dans de fausses offres

Autre piège, plus répandu : l’annonce qui n’émane pas d’une entreprise. Des écoles ou des groupements privés publient une offre d’alternance sur les plateformes en se faisant passer pour un employeur. Missions, profil recherché, fourchette de salaire : tout est fait pour maintenir l’illusion.

« On ne se rend pas compte que c’est une école, l’annonce se présente comme une vraie offre d’emploi », assure Inès, qui vient d’intégrer un BTS communication et cherche encore un contrat. La supercherie tombe au rappel : les « recruteurs » sont en fait des recruteurs d’école, qui proposent de l’aider à trouver une alternance.

Hafsa, aujourd’hui diplômée comme cheffe de projet informatique après trois ans d’alternance, a connu ces annonces l’an dernier. Elle pensait souvent que le poste était à pourvoir dans l’école elle-même. Inès avertit aussi qu’il s’agit souvent de certifications non reconnues au niveau de l’État. Pour Hafsa, le résultat est simple : un faux espoir, et des efforts gâchés.

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Entreprises partenaires promises, groupe WhatsApp offert, 4 000 euros en jeu

Une fois la révélation passée, ces écoles promettent une mise en relation avec « de nombreuses entreprises partenaires » et un accompagnement. Ces promesses ne sont généralement pas tenues, d’après les témoignages.

King Georges, qui cherche une alternance en informatique, raconte qu’on lui annonçait des présentations d’entreprises. Après l’envoi des documents d’inscription, plus de réponse. Ilona, qui vise un poste d’assistante de direction, s’est inscrite après une fausse offre. On lui avait promis une embauche et assuré qu’un poste restait disponible.

Sur place, elle a passé un simple test. On lui a ensuite expliqué qu’elle allait « intégrer un groupe WhatsApp » pour trouver une alternance. Elle n’en a toujours pas vu la couleur. Sa crainte est financière : elle devra payer près de 4 000 euros dans trois mois si elle ne trouve pas d’employeur. « J’ai peur, je n’ai pas envie de me faire arnaquer », dit-elle.

Les réflexes à retenir avant de répondre à une offre ou à un appel

Les témoignages dessinent une liste de signaux concrets. Aucun ne demande d’outil particulier, seulement de ralentir.

  • Une photo réclamée d’emblée : Fanta l’a jugée bizarre, et elle avait raison.
  • Aucune question sur votre parcours, aucun entretien proposé : un vrai recruteur s’intéresse à votre profil.
  • Une annonce sans employeur identifiable : l’offre peut cacher une école qui cherche des inscrits.
  • Une certification non reconnue par l’État : à vérifier avant de vous inscrire.
  • Des promesses vagues : « entreprises partenaires », groupe WhatsApp, poste « encore disponible ».
  • Un CV publié en ligne : c’est ainsi que l’appelant a trouvé les informations de Fanta.

Fanta en tire une leçon : quand on est désespéré par une situation, on est en fait très vulnérable. « On pourrait accepter n’importe quoi », assure-t-elle, citée par l’Étudiant.

On était le 20 août quand il m’a appelé, s’il n’avait pas fait les erreurs qu’il a faites, j’aurais pu tomber dans le piège.

Fanta, étudiante de 26 ans, à propos de l’appel d’un faux recruteur.

Vos questions

Comment reconnaître un faux recruteur au téléphone ?

Dans le cas de Fanta, l’homme a demandé une photo, n’a posé aucune question sur son parcours et n’a proposé aucun entretien. Il affirmait aussi avoir obtenu ses coordonnées auprès de son ancien employeur. Ces éléments réunis doivent vous alerter.

Une offre d’alternance peut-elle venir d’une école et non d’une entreprise ?

Oui. Des écoles ou groupements privés publient des annonces qui se présentent comme de vraies offres, avec missions, profil et salaire. Au rappel, on vous propose de vous aider à trouver une alternance, parfois via des certifications non reconnues par l’État.

Quel risque financier courent les étudiants concernés ?

Certains s’inscrivent après une fausse offre et les promesses d’entreprises partenaires ne sont généralement pas tenues. Ilona devra payer près de 4 000 euros dans trois mois si elle ne trouve pas d’employeur. D’autres arnaques visent des données personnelles, voire de l’argent.

Sources : L’Etudiant.

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