« J’ai dû apprendre à moins dormir » : Liliana, 19 ans, passe 4 heures par jour dans les transports

Une jeune étudiante de dos, sac à l'épaule, debout dans un train de banlieue parisienne bondé en pleine matinée

Réveil à 5 heures, départ à 5h40, cours à 8 heures. Liliana, 19 ans, vit chez ses parents dans les Yvelines, faute de pouvoir payer un logement à Paris. Quatre heures de trajet par jour, moins de sommeil, des cours magistraux abandonnés : son cas est loin d’être isolé.

En bref

  • Un étudiant sur cinq met plus de 40 minutes pour aller en cours, selon une étude de la FAGE de février 2026.
  • À Paris intra-muros, un étudiant dépense en moyenne 962 euros par mois pour se loger, d’après LocService en mai 2026.
  • Les longs trajets rognent le sommeil, la présence en cours et la vie sociale, jusqu’à provoquer parfois un abandon d’études.

Le chiffre clé : 962 euros, dépense mensuelle moyenne d’un étudiant pour se loger à Paris intra-muros.

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Quatre heures de trajet par jour pour rejoindre ses cours à Paris

Liliana est en troisième année de psychomotricité. Elle habite chez ses parents, à Adainville, dans les Yvelines. Ses cours débutent à 8 heures, alors son réveil sonne à 5 heures et elle doit quitter la maison à 5h40. Le parcours enchaîne la voiture, le train, deux lignes de métro, puis dix minutes de marche.

Bilan : quatre heures par jour dans les transports. Ce n’est pas un cas rare. Selon une étude de la FAGE publiée en février 2026, un étudiant sur cinq met plus de 40 minutes pour arriver en cours.

La crise du logement pèse lourd dans ce tableau, surtout dans les grandes villes. Beaucoup de jeunes restent dans le foyer familial en périphérie, quitte à allonger leur trajet. L’INJEP, dans une enquête sortie en juin 2026, note qu’à 23 ans, un quart des jeunes qui vivent encore chez leurs parents sont en études.

À 962 euros par mois en moyenne, se loger à Paris reste hors de portée

Selon une étude de LocService datée de mai 2026, un étudiant parisien intra-muros dépense en moyenne 962 euros par mois pour son logement. Pour Liliana et sa famille, c’est tout simplement impossible à financer. Elle le dit avec ironie : « Mettre 800 euros pour habiter dans un cagibi, ça va aller ».

Jana, 22 ans, a pourtant essayé. Étudiante en master 2 de journalisme, elle habite à Franconville, dans le Val-d’Oise, et son école se trouve dans le 11e arrondissement de Paris. Dès sa deuxième année de licence, elle cherchait un logement. Les offres à peu près accessibles étaient, selon elle, de toutes petites chambres, à peine dignes du nom d’appartement.

Elle a donc renoncé. Aujourd’hui, elle passe trois heures par jour dans les transports. Son raisonnement : le soir, elle retrouve une vraie maison, avec cuisine, salle de bain et chambre. Un arbitrage qui évite le budget logement, mais qui se paie en temps.

Le sommeil et les cours magistraux sont sacrifiés en premier

Se lever avant l’aube chaque jour a un coût. Les trajets accentuent la fatigue et grignotent les heures de repos. Liliana l’a constaté dans son quotidien :

« J’ai dû apprendre à moins dormir. Je suis une grande dormeuse, j’ai fait des concessions sur ça. »

Liliana, étudiante en psychomotricité, à L’Étudiant

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Elle a aussi fait un tri dans son emploi du temps : certains cours magistraux, devenus trop pénibles à suivre en présentiel, ont été abandonnés. Le gain de temps est réel, mais il a un prix. Elle perd en compréhension et doit chercher elle-même les réponses à ses questions.

Pour Solenn, trois heures de trajet ont fini par coûter sa licence

Solenn faisait environ trois heures de trajet quotidien entre Bouaye, en Loire-Atlantique, et Nantes. Elle étudiait l’histoire de l’art et l’archéologie, sa passion. Après deux échecs en première année, elle a arrêté : physiquement et mentalement, elle ne tenait plus.

Elle s’est réorientée vers un BTS viticulture et œnologie au Landreau, plus à l’est dans le département. En s’éloignant de Nantes, elle a pu prendre son premier appartement. Cette filière l’intéresse peut-être moins, reconnaît-elle, mais sa santé mentale va beaucoup mieux.

La vie sociale encaisse aussi. Solenn a dû abandonner le sport et le théâtre. Jana sort moins. Liliana loupe des soirées, car elle doit partir à temps pour attraper le dernier train.

Bastien a retrouvé du temps grâce à son salaire d’alternant

Bastien, en troisième année de BUT informatique à Lyon 1, a connu deux ans de trajets de trois heures par jour entre Leyment, dans l’Ain, et Lyon. Cette rentrée change tout. Son salaire d’alternant lui permet de louer une colocation près de son université.

Il se lève une heure plus tard, et le soir, quinze minutes suffisent pour rentrer. Il n’est plus fatigué, peut faire autre chose le soir et se sent motivé pour travailler.

Voici les situations décrites par les étudiants interrogés :

Étudiant Trajet quotidien Situation
Liliana, 19 ans 4 heures Chez ses parents, Yvelines vers Paris
Jana, 22 ans 3 heures Chez ses parents, Franconville vers Paris
Solenn 3 heures Licence arrêtée, BTS et premier appartement
Bastien 3 heures, avant Colocation près de la fac grâce à l’alternance

Vos questions

Combien d’étudiants subissent de longs trajets pour aller en cours ?

Selon une étude de la FAGE parue en février 2026, un étudiant sur cinq met plus de 40 minutes de transport pour rejoindre ses cours. La crise du logement, surtout dans les grandes villes, pousse une partie d’entre eux à rester chez leurs parents.

Combien coûte un logement étudiant à Paris ?

D’après une étude de LocService de mai 2026, un étudiant à Paris intra-muros dépense en moyenne 962 euros par mois pour son logement. Pour certaines familles, comme celle de Liliana, ce budget est impossible à assumer. Quand le logement pèse autant, mieux vaut savoir maîtriser son budget étudiant.

Quelles sont les conséquences de ces trajets sur les études ?

Les étudiants interrogés décrivent moins de sommeil, plus de fatigue, des cours magistraux manqués et une vie sociale réduite. Pour Solenn, ce rythme a contribué à l’abandon de sa licence d’histoire de l’art et d’archéologie.

Sources : L’Etudiant.

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