« Moi, en seconde, on était 42 » : à Lyon, une retraitée répond à une lycéenne qui dénonce les effectifs

Deux retraités de dos passent devant des poubelles empilées bloquant l'entrée d'un lycée de Lyon, par temps lumineux

Vous êtes parent d’un lycéen et vous entendez parler de classes à 40 élèves ? À Lyon, une retraitée a répondu à une lycéenne de 16 ans en rappelant sa propre seconde à 42. Ce face-à-face, au pied d’un lycée bloqué, résume le fossé entre générations sur les effectifs.

En bref

  • Une lycéenne de 16 ans dénonce trop d’élèves par classe, pas assez de professeurs ni de matériel, des manuels manquants.
  • Une retraitée lui répond qu’en seconde, elle était 42 en classe et qu’on y arrivait, avant l’amphi à 400.
  • Mercredi : 625 interpellations et 83 policiers et gendarmes blessés, alors que le gouvernement ouvre une plateforme de concertation.

Le chiffre clé : 625, interpellations mercredi, un bilan deux fois plus lourd que celui de la veille.

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Une lycéenne de 16 ans dresse la liste de ses griefs devant deux retraités

À quelques pas du lycée Édouard-Réau, à Lyon, un blocage et un feu de poubelle ont marqué la matinée. Yves et Marie-Joseph, deux retraités du quartier, y interpellent une manifestante de 16 ans. Ils veulent comprendre ce qu’elle reproche à son lycée.

Sa réponse est précise. Elle énumère cinq problèmes du quotidien :

  • trop d’élèves en classe
  • pas assez de professeurs
  • pas assez de matériel
  • des manuels de spécialité que tous les élèves n’ont pas
  • des emplois du temps avec plus de trous que d’heures de cours

On est beaucoup trop en classe, on n’a pas assez de professeurs, on n’a pas assez de matériel, on n’a même pas tous nos manuels pour les spécialités.

Une lycéenne de 16 ans, à Lyon, citée par Europe 1

Elle décrit aussi des journées de 8 h à 18 h qui ne laissent aucune marge pour les devoirs. Le soir, dit-elle, il reste « à peine le temps de se coucher ».

Face à elle, une retraitée oppose sa seconde à 42 et les amphis de 400

La réponse ne tarde pas. La retraitée coupe court : « Bon écoutez, là il ne faut pas exagérer. » Puis elle compare. La lycéenne parle de 40 élèves par classe ? Elle, en seconde, « on était 42 ». Et elle ajoute : « On y arrivait. »

Son message à la jeune manifestante : il faut se préparer à l’avenir. Elle lui prédit qu’une fois à la fac, elle se retrouvera avec 400 personnes dans un amphi. Pour elle, le chiffre avancé par la lycéenne n’a donc rien d’exceptionnel.

L’échange oppose deux vécus, pas deux études. Aucune statistique n’est avancée de part et d’autre : la lycéenne parle de ce qu’elle subit aujourd’hui, la retraitée de ce qu’elle a connu.

Pour un parent, la question se pose ainsi : un souvenir de classe chargée suffit-il à répondre à ce que vit un élève aujourd’hui, avec ses trous d’emploi du temps, ses manuels manquants et ses journées longues ?

Stéphane, 60 ans, juge que ces revendications ne justifient pas les violences

Autre voix dans la rue : celle de Stéphane, très remonté contre les actions des lycéens. Il lance aux jeunes présents : « Allez travailler, c’est bon. » Il se dit déçu de ce qu’il voit, et rappelle que sa génération a travaillé et payé ses études.

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Il insiste sur son âge : « J’ai 60 ans, vous n’allez pas m’apprendre la vie ». La discussion s’envenime quand une lycéenne lui demande pour quel parti il vote. Il répond Rassemblement national. Elle affirme voter La France insoumise.

Le sexagénaire lui prédit alors : « dans 25 ans vous allez voir le pays, vous allez pleurer ». Ce père de famille met aussi la dette sur la table, qu’il chiffre à presque 3 600 milliards d’euros, et se demande comment on peut encore réclamer et casser dans ces conditions.

La conversation quitte ainsi les effectifs pour glisser vers la politique et l’argent public. C’est un schéma que beaucoup de familles reconnaîtront : le fond de la revendication se perd dans la dispute.

Le bilan de mercredi est deux fois plus lourd que celui de la veille

Cet échange lyonnais se déroule dans un climat tendu. Mercredi, les mobilisations ont donné lieu à des feux de poubelles, des tirs de mortiers et des barricades. À Wattrelos, près de Roubaix, une voiture-bélier a été lancée contre le portail d’un lycée.

Bilan de mercredi Chiffre
Interpellations 625
Policiers et gendarmes blessés 83
Blessés côté Éducation nationale 119

L’Union syndicale lycéenne, proche de La France insoumise et à l’origine de la mobilisation, appelle ce jeudi à un « acte II » de la contestation. Elle veut y associer les étudiants et l’ensemble des organisations syndicales, associatives et politiques.

Ce contexte pèse sur le débat. Pour des adultes comme Stéphane, les violences discréditent les revendications. Pour les lycéens, les effectifs, le manque de professeurs et de manuels restent le fond du problème.

Le gouvernement ouvre une plateforme de concertation à laquelle tous pourront contribuer

Pour tenter de calmer la contestation, le gouvernement annonce une plateforme de concertation. Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, promet que tous pourront y contribuer.

Vous pourrez donc, comme tout le monde, y apporter votre voix. Son fonctionnement précis et ce qu’elle changera concrètement pour les classes ne sont pas détaillés à ce stade.

La suite dépendra de sa capacité à répondre à des griefs précis : effectifs, professeurs, matériel, manuels, emplois du temps. Ce sont ceux que la lycéenne de Lyon a énumérés, et que les adultes présents sur place ont accueillis avec sévérité.

Vos questions

Que reproche la lycéenne de 16 ans à son lycée ?

Elle dénonce trop d’élèves en classe, un manque de professeurs et de matériel, et des manuels de spécialité absents pour une partie des élèves. Elle décrit aussi des emplois du temps avec plus de trous que d’heures de cours et des journées de 8 h à 18 h.

Que répond la retraitée à propos des effectifs ?

Elle estime qu’il ne faut pas exagérer : en seconde, dit-elle, on était 42, et on y arrivait. Elle prévient aussi la lycéenne qu’à la fac, elle se retrouvera avec 400 personnes dans un amphi.

Que prévoit le gouvernement pour calmer la contestation ?

Il annonce une plateforme de concertation à laquelle tous pourront contribuer, selon le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray. Le mouvement, lui, prévoit un « acte II » ce jeudi, à l’appel de l’Union syndicale lycéenne.

Sources : Europe 1.

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